Une particularité marquante de l’approche neurolinguistique est la séquence suivante : oral ▶ lecture ▶ écriture.

Cette séquence est à la base d’une approche de l’apprentissage de la langue basée sur la littératie, c’est-à-dire, une approche qui se concentre sur apprendre à utiliser la langue plutôt qu’apprendre à propos de la langue.

Pour la partie orale d’une leçon, l’enseignant modélise d’abord une phrase pour que les élèves puissent créer eux-mêmes des phrases basées sur ce modèle afin de participer à la conversation. L’enseignant prend soin également de s’assurer que les élèves comprennent la conversation. Afin d’aider les élèves à comprendre, l’enseignant peut utiliser des gestes, le mime, des objets ou des illustrations, mais pendant la partie orale de la leçon il n’écrit rien. Cette partie de la leçon vise à aider les élèves à développer une grammaire interne, ou une compétence implicite, qui est essentielle pour l’utilisation spontanée d’une langue. Se pencher sur des relations entre les mots et leurs formes écrites, c’est-à-dire la grammaire externe, suppose des activités d’apprentissage conscient, est un stade ultérieur qui se retrouve plus tard, dans des étapes spécifiques des leçons de lecture et d’écriture.

Au moins la moitié de chaque leçon se concentre sur le développement de la langue orale parce que c’est le développement de cette habileté qui est nécessaire pour construire une grammaire interne ou non consciente. Sans cette grammaire, les élèves ne peuvent pas utiliser la langue de façon spontanée. Lorsque la création d’une grammaire interne précède l’apprentissage d’une grammaire « externe » ou consciente, qui sert à l’écriture, le processus l’apprentissage d’une langue seconde avance plus rapidement, et plus efficacement, que lorsqu’on apprend les règles de grammaire en premier lieu. C’est aussi plus naturel. Pensez à la façon dont vous avez appris votre propre langue maternelle.

Après le volet oral de la leçon, la lecture commence. Les élèves apprennent à lire ce qu’ils sont capables de dire. En même temps qu’ils apprennent à lire, ils enrichissent aussi leur vocabulaire et commencent à développer leur grammaire externe ou consciente. Au cours de cette partie de la leçon, on attire leur attention aux connexions entre les sons et la façon qu’ils sont écrits, ainsi qu’aux accords et aux formes verbales.  Cette séquence représente la façon naturelle de procéder, car il s’agit de ce qui se passe lors de l’acquisition de la langue maternelle.

Lors d’un troisième volet de la leçon, les élèves apprennent à écrire ce qu’ils peuvent dire et lire. Au cours de cette partie de la leçon, l’enseignant aide les élèves en écrivant d’abord au tableau un paragraphe servant de modèle que les élèves rédigent avec l’enseignant. Ils l’examinent pour l’organisation et la justesse de la langue. Puis ils écrivent leurs propres paragraphes.

En dernier lieu, les élèves combinent leurs trois habiletés en faisant part de leur propre rédaction à leurs camarades de classe et en en discutant avec eux. Cela étant fait, nous disons qu’ils ont terminé le « cycle » de littératie.

Enseigner la langue orale

En général, on retrouve trois volets dans une leçon orale :

  1. Le « réchauffement », où les élèves parlent entre eux en se servant du vocabulaire et des structures qu’ils ont déjà utilisés; souvent, un élève joue le rôle de l’enseignant (mini-prof) ou anime la discussion;
  2. La partie principale, où les élèves apprennent de nouvelles structures et un nouveau vocabulaire pertinent au thème de leur discussion;
  3. Une activité de conclusion, où les élèves utilisent le nouveau vocabulaire et les nouvelles structures dans un contexte élargi.

Dans la partie principale de la leçon orale, il y a huit étapes à suivre qui ont été spécialement conçues pour habiliter les élèves à apprendre à communiquer facilement. Ces étapes aident les apprenants à utiliser et réutiliser, dans des situations différentes, un petit nombre de phrases et de mots pour exprimer un message personnel. C’est en utilisant plusieurs fois un nombre relativement restreint de structures que les élèves peuvent développer leur compétence implicite, ou la grammaire interne. L’enseignant offre toujours un modèle d’abord pour que les élèves puissent créer des phrases eux-mêmes afin de participer à la conversation.

Voici un exemple de comment fonctionnent les étapes.

Après que toutes les étapes aient été complétées, les élèves utilisent les structures qu’ils viennent d’apprendre au cours d’une activité plus informelle.

Il y a aussi deux stratégies d’enseignement qui sont appliquées pour toutes les activités orales en classe. Leur utilisation est critique pour l’apprentissage d’une grammaire « non consciente » ou interne.

  1. L’utilisation de phrases complètes par les élèves pour répondre à une question. Cette stratégie est nécessaire au début de l’apprentissage d’une nouvelle langue afin de développer la grammaire interne. Une grammaire interne se compose de connexions entre TOUS les éléments d’une phrase. Elle ne peut se développer si l’élève utilise seulement des mots isolés ou des parties de phrases.
  2. La correction immédiate à l’oral et la réutilisation des phrases corrigées. Si la production orale des élèves, qui est utilisée et réutilisée afin de développer les habitudes langagières, n’est pas juste, la grammaire interne de l’élève ne sera pas correcte. La précision orale est une habileté; elle ne dépend pas d’une connaissance des règles de grammaire. En français intensif, la correction orale remplace l’enseignement de beaucoup de règles grammaticales.


Enseigner la lecture et l’écriture

Tant pour la lecture que pour l’écriture, il existe une séquence recommandée de huit étapes basée sur une conception de l’apprentissage des habitudes de littératie spécifique à une langue seconde.

Pour la lecture, les élèves doivent d’abord apprendre les nouveaux rapports entre les sons et la façon dont on les écrit. Ils commencent ensuite à apprendre à écrire la langue; c’est ici que s’enseigne la grammaire externe. La grammaire est toujours enseignée dans un contexte. Voir l’exemple suivant pour les étapes de lecture.

Pour l’écriture, il y a aussi huit étapes à suivre. Comme pour le développement de l’oral, l’enseignant crée d’abord un modèle pour les élèves. Ils écrivent ensuite leur propre composition.

Pour plus d’information, consultez ce document de l’ACPLS à propos de l’enseignement de la littératie en langue seconde.


Importance des projets

En français intensif, la langue est toujours utilisée pour exprimer des messages; elle n’est jamais analysée hors contexte. Pour guider l’apprentissage, chaque unité d’enseignement inclut deux ou trois mini-projets, ainsi qu’un projet final étroitement lié au thème de l’unité. L’accent est placé sur le message que veulent exprimer les élèves à propos du sujet dont on discute. La grammaire interne ne peut être acquise en faisant des exercices; les élèves doivent se concentrer sur le message qu’ils veulent transmettre, pas sur les formes de la langue qu’ils utilisent, afin de développer la grammaire « non consciente » ou interne nécessaire à l’utilisation spontanée de la langue.


Maintenir la communication avec les parents

Il est important que les enseignants communiquent avec les parents de leurs élèves.  Généralement, les parents aiment savoir ce qui se passe dans les salles de classe de leurs enfants, surtout s’ils ne parlent pas français eux-mêmes!  Voici deux exemples de lettres envoyées aux parents (en anglais seulement).


Entrevue avec Michel Paradis

Les enseignants qui voudront peut-être en savoir plus à propos du développement de la compétence implicite, ou d’une grammaire interne, aimeraient peut-être aussi écouter cette entrevue avec Michel Paradis.

Participer à une séance de formation

Pour apprendre comment appliquer les stratégies d’enseignement nécessaires pour que l’approche fonctionne, les enseignants doivent participer à une séance de formation. Peu de facultés d’éducation offrent une formation en ANL malgré le fait que plusieurs commissions scolaires requièrent que leurs nouveaux enseignants aient reçu cette formation. Pour l’instant, une université ontarienne, Western University, offre une séance de formation (créditée) pour les enseignants de français intensif pendant l’été. Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec France Dupuis.

Des cours qui expliquent l’ANL et le français intensif sont offerts à quelques universités dans l’Ouest (par exemple, l’University of British Columbia, University of Regina). Pour des renseignements portant sur ces cours, veuillez communiquer avec Linda Osborne.

À ce jour, des séances de formation ont été offertes soit par des ministères de l’Éducation provinciaux ou territoriaux, soit par des districts scolaires. En général, des formations sont offertes chaque été, soit au cours d’une séance unique de cinq jours, soit au cours d’une séance de deux jours suivie de trois autres jours au début de l’automne. Consultez le spécialiste des programmes de français des ministères de l’Éducation provinciaux, ou le site web de l’ACPLS (Association canadienne de professeur(e)s de langues secondes), où on trouve des détails touchant ces séances d’été.


Séances de formation pour l’été 2016

4 - 8 juillet, Niagara (ON), l'ANL pour l'immersion, offert par André Charlebois.

11 – 15 juillet, Trois-Pistoles (PQ), offert par Western University, personne-ressource France Dupuis.


25 – 29 juillet, Cours pour les professeurs universitaires en FLS, Trois-Pistoles (PQ), parrainé par Western University, personne-ressource France Dupuis.

15-19 août, Saskatoon (SK), personne-ressource Linda Osborne.

16 - 19 août, Yellowknife (TNO), Formation en français intensif et post-intensif. Personnes ressources: Jean-Marie Mariez ou David Macfarlane

22 - 26 août, Niagara (ON), Français intensif, offert par André Charlebois.

 

Les enseignants qui participent à une formation reçoivent un exemplaire du Guide pédagogique, qui contient toutes les unités d’enseignement et des suggestions pour le contenu de chaque leçon.  Il existe un guide pour chaque niveau du programme : français préintensif, français intensif, français post intensif I, II, et III, et français post intensif IV, V, VI, et VII.  Le guide est distribué uniquement aux enseignants qui ont participé à une séance de formation.

Tout le matériel pédagogique est en français. Cependant, l’introduction au Guide pédagogique,, rédigé par les coauteurs du programme, est disponible en anglais, avec l’aimable autorisation de la province du Nouveau-Brunswick. Un exemple de l’Introduction au Guide de l’enseignant, extrait du Guide pour le français post intensif à l’école intermédiaire au Nouveau-Brunswick peut être consulté ici (en anglais seulement).

Pour pouvoir offrir une séance de formation, il est nécessaire d’avoir réussi une séance de formation conçue pour les formateurs d’enseignants en ANL. Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec l’une des personnes suivantes :

Gennita Bartlett
André Charlebois 
France Dupuis 
David Macfarlane 
Élaine Melanson 
Lyne Montsion
Linda Osborne 
Ruth E. Radetzky 
Fiona Stewart