Pourquoi placer mon enfant en français intensif?

Le français intensif offre une façon attirante, agréable et efficace pour atteindre un niveau de communication spontanée en français. Il s’agit d’une approche centrée sur l’élève, basée sur la pédagogie par le projet. Voici comment le programme fonctionne :

Pour le premier semestre (5 mois) de la 5e ou 6e année (selon la province ou le territoire), les élèves sont en situation d’apprentissage en français pour une grande partie de la journée scolaire. L’approche préconisée se base sur le développement de la littératie de langue seconde : l’oral, la lecture et l’écriture (dans cet ordre). Les élèves suivent le cours de mathématiques, et peut-être un cours dans une autre matière enseignée par un spécialiste (par exemple, la musique ou l’éducation physique) en anglais pendant toute l’année scolaire. À part celles-ci, on n’enseigne aucune autre matière comme telle au cours du semestre intensif, pendant lequel les élèves apprennent à communiquer en français dès le début. Cela est rendu possible par la modélisation de la langue effectuée par l’enseignant ou l’enseignante et l’utilisation et la réutilisation de la langue par les élèves dans des contextes de communication authentiques. Le personnel enseignant applique des stratégies précises, apprises lors d’une formation approfondie. Normalement, le semestre intensif est offert en début d’année scolaire et, au deuxième semestre, l’enseignement retrouve l’horaire scolaire normal. Pendant le semestre « non-intensif », les élèves continuent de participer à un cours de français pendant le nombre d’heures prescrit par le programme d’études provincial ou territorial, mais les heures sont offertes, de préférence, en périodes concentrées, deux ou trois fois par semaine. Cela permet aux élèves de profiter des approches proposées par l’approche neurolinguistique.

Le français intensif (en milieu scolaire) représente une des applications de l’approche neurolinguistique (ANL), qui se base sur la façon dont le cerveau acquiert et traite les langues. Elle tient compte des différents genres de mémoires qui se font activer dans le cerveau lors du processus d’apprentissage d’une langue. Le lecteur est invité à consulter les autres sections de notre site Web pour en apprendre plus, par exemple, la page d’accueil, la page pour enseignants et la page de l'approche.

Les élèves acquièrent la langue dans une ambiance stimulante et agréable, tout en explorant un nombre de thèmes rattachés à leur vécu, comme la famille, les animaux de compagnie, les passe-temps, leur nourriture préférée, leurs activités, etc. Les activités et les rythmes d’apprentissage sont variés. Les élèves travaillent de façon indépendante, à deux, en petits groupes ou en classe entière. Des « pauses-cerveau », des chansons et des jeux sont intégrés à la journée. 


Pourquoi un semestre intensif?

Les habiletés de communication orale sont des habitudes langagières, pas des faits à apprendre. Ils peuvent seulement se développer en utilisant le français pour une communication réelle. Au début, les messages sont relativement simples, mais avec le temps ils deviennent plus complexes. Les élèves ont besoin de beaucoup utiliser le français afin de développer la grammaire interne (non consciente) nécessaire pour parler le français avec aisance. Sans une période intensive, on ne peut atteindre la phase de la communication spontanée. C’est pour cela qu’il y a les cinq mois où le français est enseigné pour au moins la moitié de la journée scolaire. À la fin de ces cinq mois, les élèves commencent à pouvoir parler de façon indépendante, et ces habiletés ne se perdront donc pas.

Si les élèves ne développent pas une grammaire interne suffisante pour qu’ils puissent parler de façon spontanée, il leur faut tout recommencer à zéro l’année suivante. Il est donc important d’atteindre le but de la communication indépendante aussi rapidement que possible.

Les habitudes langagières, comme toutes les habitudes, ne sont pas des faits; elles doivent être exercées de façon régulière en communication spontanée, ou alors elles seront perdues. C’est pourquoi le français intensif est suivi du français post intensif, où l’apprentissage du français occupe une plus petite part de l’année scolaire; on n’a pas besoin d’autant d’intensité pour approfondir le développement des habiletés des élèves.


Comment les élèves réagissent-ils au fait de devoir parler tout le temps français en classe?

Sauf pour la première journée, en français intensif l’enseignant s’exprime toujours en français, et les élèves aussi. Pendant les premières quatre ou cinq semaines, les élèves trouvent un peu difficile de devoir parler en français, mais on les encourage à persévérer. Les élèves traverseront probablement quatre étapes émotionnelles, telles que décrites par un des premiers enseignants du français intensif à Terre-Neuve-et-Labrador, Sid Woolfrey. La plupart des enseignants discutent de ces étapes avec les élèves, qui s’amusent à noter leur progrès. 

Après plusieurs semaines, les élèves commencent à être fiers de leur habileté de parler en français.


Que faire pour élèves faisant face à des difficultés d’apprentissage?

Les élèves qui font face à des difficultés d’apprentissage peuvent participer avec succès à toutes les activités. Il y a plusieurs raisons qui expliquent leur participation positive : les stratégies d’enseignement, comme le travail en groupe, sont des moyens d’offrir un soutien personnel aux élèves; il y a davantage d’interaction avec les autres élèves de la classe; leur habileté à s’exprimer en français leur donne une certaine confiance; le réapprentissage en lecture et écriture leur offre une deuxième occasion de maîtriser ces habiletés; et tous les élèves sont au même niveau.

Commentaire d’un parent: "L’année place tous les enfants à un même niveau quand ça vient au français. Il n’y a pas besoin d’être un as pour bien faire – il suffit d’être prêt à essayer." (Traduction des concepteurs du site.)

Comme on peut le voir dans le tableau de résultats ci-dessous, après cinq mois d’apprentissage, près d’un tiers (30,8 %) des élèves faisant l’objet d’un plan d’intervention et un peu plus de deux tiers (66,1 %) des autres élèves avaient atteint le but de la première année du programme : de parler le français de manière spontanée afin d’exprimer leur point de vue sur des sujets les intéressant.

Apprendre à lire et à écrire en français améliore aussi ces habiletés en anglais pour tous les élèves, surtout ceux faisant face à des difficultés d’apprentissage. Les habiletés en littératie se transfèrent d’une langue à l’autre, et le fait que les élèves passent plus de temps à développer ces habiletés en littératie renforce leur apprentissage.

Pour en apprendre plus sur les effets du programme de français intensif sur des élèves faisant face à des difficultés d’apprentissage, consultez cet article de Rhonda Joy et Elizabeth Murphy (en anglais seulement). 


Quels sont les effets du semestre intensif sur les autres matières?

Selon les recherches, la réduction du nombre d’heures consacrées aux autres matières n’a aucun effet négatif à long terme sur celles-ci. Les graphiques suivants illustrent le résultat des tests standardisés qu’on administre généralement à la fin de la 6e année.

Une année après la participation à l’année intensive du programme de français intensif, la performance moyenne dans les cours d’anglais d’élèves en français intensif se situe à un niveau supérieur que celle des élèves qui n’ont pas participé au programme de français intensif. Ces résultats sont semblables à ceux des élèves qui participent à un programme d’immersion.  Les enfants faisant face à des difficultés d’apprentissage et qui suivent le programme de français intensif obtiennent aussi de meilleures notes.

Dans les cas où les élèves ont été testés dans la même année que le semestre intensif, les résultats démontrent qu’il n’y avait aucune diminution de notes, ni en anglais ni en mathématiques, pour les élèves en français intensif. Étant donné l’utilisation d’une approche basée sur la littératie, plusieurs des habiletés développées en français sont les mêmes que celles dont les élèves ont besoin pour les matières enseignées en anglais.  Une fois acquises en français, les élèves peuvent aussi les appliquer dans les cours dispensés en anglais. Lors de l’année intensive, il n’y a aucune réduction du temps consacré aux mathématiques, et la matière est enseignée en anglais.

Pour les autres matières, tels que les sciences, le programme d’études est maintenu, mais le nombre d’activités est condensé. Les élèves n’ont pas de travail supplémentaire à accomplir à la maison. Leur développement intellectuel est nourri par les types d’activités auxquelles ils participent.

Ces résultats peuvent être expliqués par ce qu’on appelle l’« hypothèse de l’iceberg ». Toutes les activités auxquelles participent les élèves à l’école contribuent à leur développement intellectuel ou cognitif.  Que les tâches s’accomplissent en français ou en anglais n’est pas la question critique; les habiletés cognitives, telle que reconnaître les ressemblances ou les différences, qui se développent dans une langue (telle que le français) peuvent être utilisées dans une autre (telle que l’anglais). La partie de l’iceberg submergée représente les habiletés cognitives qui constituent les fondements de l’apprentissage; la langue utilisée est représentée par les divers sommets de l’iceberg qui ressortent de l’eau. Ils dépendent des mêmes habiletés cognitives auxquelles on peut avoir accès dans n’importe quelle langue, une fois que le vocabulaire approprié et les structures linguistiques ont été appris.

En français intensif, on passe moins de temps sur la mémorisation de règles de grammaire, et il y a donc plus de temps disponible pour que les élèves s’impliquent dans des activités ou des projets qui développent les habiletés cognitives. Les projets développent les mêmes types d’habiletés cognitives qui seraient développées par le programme d’étude anglais du même niveau scolaire. Les élèves sont donc capables de les appliquer par après dans leur apprentissage du programme d’étude anglais.

De plus, apprendre à communiquer dans une deuxième langue influe de manière positive sur le développement intellectuel. Les élèves améliorent leurs habiletés de résolution de problèmes et apprennent à penser de façons nouvelles et différentes (connu sous le terme de « pensée divergente ») en acquérant la capacité de se servir du français. C’est pourquoi les résultats en mathématiques ont tendance à s’améliorer, même si les mathématiques sont enseignées en anglais.

Qu’il y ait des buts intellectuels en plus des buts linguistiques signifie que le milieu éducatif en salle de classe favorise le développement intellectuel. De plus, l’utilisation de stratégies d’enseignement interactives encourage le développement de la capacité de raisonnement.

Vous voulez en savoir plus? Consultez la FAQ des parents à propos du français intensif.